La chute de Nzangi serait un pari gagné du côté du M23/RDF-FRN selon Placide Le Brave qui exige des enquêtes sérieuses

​Par rapport aux récents rebondissements autour de la motion d’information et d’interpellation visant le Ministre d’État, Ministre de l’Agriculture Muhindo Nzangi Butondo, les réactions se multiplient au sein de la société civile. Au Nord-Kivu, l’activiste pro-démocratie Placide Itula sort du silence et livre une analyse sans concession sur les enjeux sécuritaires et politiques de ce dossier.

​Tout en réaffirmant le rôle fondamental de l’Assemblée nationale et en saluant la démarche républicaine de la députée nationale Hermione Bolumbe (élue de Kinshasa), Placide Itula tire la sonnette d’alarme. Selon cet acteur de la société civile du Nord-Kivu, l’engouement soudain et la ferveur observés chez les cadres et communicateurs du mouvement rebelle M23/RDF-FRN autour de cette démarche parlementaire ne peuvent être ignorés. ​Pour Placide Itula, voir les propagandistes du M23 prédire et célébrer à l’avance l’arrestation d’un ministre en fonction s’apparente à une victoire stratégique offerte sur un plateau à l’ennemi. Cette récupération suscite de vives inquiétudes quant aux motivations réelles et aux ramifications complexes de cette affaire.

​« Comment se fait-il que, le jour même où le Ministre Nzangi est invité à l’Assemblée nationale, les cadres du M23/RDF-FRN aient déjà conclu et célébré son arrestation ? Qu’est-ce qui justifie une telle appropriation de cette initiative par ces chantres de la propagande ? », s’interroge l’activiste.

​Loin de toute agitation passionnelle, l’activiste pointe du doigt plusieurs incohérences chronologiques et politiques qui entourent la divulgation de certaines pièces du dossier : ​La gestion du projet agricole : Le projet incriminé et sa notification couraient de 2017 à 2022, avec une prolongation jusqu’à la fin de l’année 2025. Or, Muhindo Nzangi n’a pris les commandes du Ministère de l’Agriculture qu’au mois d’août 2025, soit à peine quatre mois avant l’échéance du projet. ​Le spectre du règlement de comptes : L’usage récurrent du concept de « sacrifié » dans les débats soulève l’hypothèse d’une main noire ou d’un règlement de comptes purement politicien sous couvert de contrôle parlementaire.

​Face à ces enjeux qui touchent à la fois à la gouvernance, à la justice et à la sécurité nationale, Placide Itula formule un plaidoyer en deux volets : ​le respect des institutions : Que l’action parlementaire et la procédure légale à l’Assemblée Nationale se poursuivent en toute souveraineté, dans le respect des règles et loin de toute ingérence extérieure ou politique. ​L’urgence d’enquêtes approfondies : La conduite immédiate d’enquêtes minutieuses, indépendantes et rigoureuses, prenant en compte le moindre détail pour éclairer l’opinion publique et démêler le vrai du faux. ​Pour Placide Itula, l’heure est à la vigilance afin que les mécanismes démocratiques de redevabilité ne soient pas dévoyés au profit d’agendas déstabilisateurs.

Rédaction

Le Coq

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